Accueil > Accueil > Anneau de la Mémoire : quand l’architecture unit des ex-ennemis de la Grande (...)

Accueil

Anneau de la Mémoire : quand l’architecture unit des ex-ennemis de la Grande Guerre

- Article BATIWEB du 14/11/2014 -
Ce projet a obtenu le 3ème prix du Prix Duo@Work
1ère édition Octobre 2014

Établi au sommet du plateau de Notre-Dame-de-Lorette, à proximité de la plus grande nécropole nationale française, l’Anneau de la Mémoire est un mémorial réunissant les noms des quelques 600 000 soldats tombés dans la région durant la Grande Guerre, présentés par ordre alphabétique, sans distinction de nationalités, amis et ennemis d’hier mélangés. Pensé par l’architecte parisien Philippe Prost, l’édifice a été inauguré par François Hollande ce 11 novembre.

Quand la construction d’une zone d’activités mène à la Grande Guerre...

Pour marquer le centenaire de la Grande Guerre, le Conseil régional Nord–Pas-de-Calais a décidé de créer un monument international qui, pour la première fois, dépasse les mémoires nationales de la tragédie. Baptisé l’Anneau de la Mémoire, il réunit les 600 000 noms des soldats tués dans le Nord-Pas-de-Calais au cours de ce conflit, présentés par ordre alphabétique, sans distinction de nationalités.
Établi au sommet du plateau de Notre-Dame-de-Lorette, à proximité de la plus grande nécropole nationale française, l’édifice créé à l’initiative du Conseil Régional Nord-Pas de Calais et inauguré par François Hollande ce 11 novembre, a été pensé par l’architecte parisien Philippe Prost. Plusieurs critères ont guidé son travail tout au long de l’élaboration de l’ouvrage. Il les détaille :

DONNER UNE FORME A LA FRATERNITÉ

« Pour réunir les ennemis d’hier, rassembler les 600 000 noms des combattants morts sur les champs de bataille du Nord-Pas-de-Calais, nous avons choisi l’anneau comme figure, en pensant à la ronde que forment ceux qui se tiennent par la main. Anneau synonyme à la fois d’unité et d’éternité : unité car les noms forment dès lors une sorte de chaîne humaine, éternité puisque les lettres s’enchaînent sans fin, l’ordre alphabétique prévalant sur toute distinction de nationalité, de grade, de religion. Implanté sur le site, l’anneau prend la forme d’une ellipse orientée d’un côté vers l’entrée de la nécropole, de l’autre vers la plaine d’Artois. »

DONNER UNE EXPRESSION A LA PAIX

« Le choix de l’horizontalité pour le Mémorial est apparu comme une évidence. D’abord pour répondre à la verticalité de la Tour-lanterne, ensuite parce qu’au-delà, l’horizontal est signe d’équilibre, gage de pérennité. Ancré dans le sol sur les deux tiers de son périmètre, l’anneau s’en détache lorsque la déclivité du terrain s’accentue. Son porte-à-faux est là pour nous rappeler que la paix demeure toujours fragile. En s’élançant à l’assaut de l’horizon, le Mémorial crée un espace en apesanteur, entre ciel et terre. »

ALLIER L’ART ET LA NATURE AU SERVICE DE LA MÉMOIRE

« Sur le site même où se déroulèrent d’effroyables combats, la nature a aujourd’hui repris ses droits, le Mémorial inscrira demain la mémoire des morts dans l’espace et au-delà célébrera la paix retrouvée. Il révélera, de manière intuitive, à celles et ceux qui le découvriront le sens et l’objet du lieu, dès leur arrivée, en empruntant la saignée pratiquée dans le sol, telle une tranchée en pente douce, qui devient tunnel pour s’ouvrir sur le Mémorial. »

RÉUNIR DES EX-ENNEMIS

« À l’extérieur, un ruban de béton sombre, couleur de guerre, posé en équilibre sur la colline dominant les plaines de l’Artois, une ligne horizontale formant un périmètre de 328 mètres surplombée par la Tour-lanterne haute de plus de 50 mètres. À l’intérieur, 500 feuilles d’un métal doré reflétant la lumière sur lesquelles sont gravés selon l’ordre alphabétique sans distinction de nationalité, de grade ou de religion les noms de 579 606 combattants désormais réunis pour toujours dans une humanité commune. »

DÉFIER LE TEMPS

« L’anneau est un ouvrage d’art dans tous les sens du terme : un défi technique, une œuvre monumentale ; l’art au sens où l’artificiel rivalise avec le naturel. L’emploi d’un matériau nouveau – un béton de fibres à ultra hautes performances - rend sa réalisation possible et lui permettra de défier le temps. Après avoir parcouru la galerie, l’on pourra rejoindre le grand paysage en passant sous l’anneau en porte-à-faux sur près de 60 mètres. »

DÉPASSER L’HORREUR DE LA GUERRE

« Pour répondre à l’ambition d’un geste politique fort, nous avons réalisé cette œuvre unique, visant à dépasser l’horreur de la Première Guerre mondiale pour commémorer ses combattants, pour toujours rappeler l’importance de la Paix et donner à l’Europe comme ligne d’horizon un avenir pacifique. Pour répondre à une telle ambition, il fallait un geste à la fois simple et fort qui conjugue le monumental à l’intime. »

A.LG


Créé par P.RO COM - 2014